Les URGENCES
L'autre côté de la médaille
par Dre Christiane Gagnon, présidente
Le Centre vétérinaire DMV expédiait récemment une correspondance à plusieurs dizaines d’établissements vétérinaires dénonçant l’Ordre des médecins vétérinaires du Québec d’avoir refusé d’émettre des permis à des médecins vétérinaires français et le tenant comme principal responsable de sa problématique de recrutement.
L’Académie de médecine vétérinaire du Québec (AMVQ) diffusait cette même information à tous ses membres dans son Rapporteur électronique.
Pour que les médecins vétérinaires bénéficient d'une information mieux équilibrée, voici un compte-rendu de la correspondance échangée entre l'Ordre et le Centre vétérinaire DMV :
- Le 22 mars 2007, le Centre vétérinaire DMV demande à l'Ordre d'accorder des permis temporaires à sept candidats diplômés à l'extérieur du pays.
- Le 10 avril 2007, l'OMVQ avise le Centre vétérinaire DMV que leur correspondance sera acheminée au Comité administratif, instance responsable de l'examen des demandes d'admission, à sa prochaine réunion prévue le 16 mai suivant.
- Le 17 avril 2007, le Centre vétérinaire DMV informe l'Ordre qu'il lui sera maintenant impossible de respecter les ententes d'urgences signées avec les établissements environnants.
- Au cours des jours suivants, le Centre vétérinaire DMV avise les établissements vétérinaires concernés d'une interruption imminente partielle de son service d'urgence.
- Le 9 mai 2007, avant la tenue de la réunion du Comité administratif, l'Ordre répond au Centre vétérinaire DMV.
En résumé :
- Le Centre vétérinaire DMV a demandé à l’Ordre d’émettre des permis d’exercice à sept candidats soi-disant médecins vétérinaires français.
- À l’examen des dossiers, tous incomplets dans leur soumission, il appert que :
- Cinq de ces candidats n’étaient pas même encore diplômés d’une école vétérinaire française : ils ne détiennent aucun droit d’exercice dans leur pays.
- L’un des candidats aurait eu une formation vétérinaire dans une université espagnole et non française comme on l'a laissé entendre.
- Seulement deux des candidats ont un véritable diplôme de médecin vétérinaire issu d’une école française. Par contre, ils n’ont pas réussi l’examen du NAVLE. En fait, ils ne s’y sont jamais inscrits : la réussite du NAVLE est pourtant une condition sine qua non d’exercice pour tous les diplômés québécois de la Faculté de médecine vétérinaire (FMV) de l’Université de Montréal.
- Les membres doivent aussi savoir qu’un diplômé de la FMV qui échoue le NAVLE à deux reprises a l’obligation de réussir en plus l’examen de compétences cliniques (ECC), comme tout candidat issu d’écoles non agréées.
Deux diplômés de la FMV ont vécu cette malheureuse expérience l’an passé. Conformément à son mandat de protection du public qui limite l’accès à la profession aux seuls candidats qualifiés, le Bureau ne leur a donné ni permis restrictif, ni permis temporaire. Aucun mouvement de défense ne s’est alors manifesté pour ces diplômés québécois.
En prime, vous avez accès en cliquant ici au mot de la présidente à paraître dans le prochain Vétérinarius sur la problématique des urgences au sein de la profession.
Si, au terme de ces quelques énoncés, le lecteur estime que l’Ordre devrait abaisser ses normes de qualification pour faciliter l’accès à la profession à des candidats diplômés hors Québec, surtout pour qu’il ne soit pas lui-même dans l’obligation d'assurer ces gardes qui dérangent, il est invité à le faire savoir au Bureau, aux décideurs gouvernementaux et à la population québécoise.
Cette dernière saura bien se débrouiller sans professionnel qualifié pour porter secours à ses chiens et à ses chats, la nuit, pendant que des médecins vétérinaires dorment du sommeil du juste.
Nous sommes convaincus que la grande majorité des médecins vétérinaires, particulièrement :