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L’Ordre des médecins vétérinaires du Québec interpellé par les articles publiés le samedi 13 août : « Qui veut sauver les pitbulls? »

L’Ordre des médecins vétérinaires du Québec interpellé par les articles publiés le samedi 13 août : « Qui veut sauver les pitbulls? »

L’enjeu des chiens dangereux a occupé un espace important du débat public et médiatique depuis ce printemps. Les événements tragiques qui se sont produits au cours des derniers mois ont soulevé les passions et, surtout, ils ont stigmatisé l’opinion publique avec raison. Nous voulons tous vivre dans un environnement aussi sécuritaire que possible. La position de l’Ordre concernant le bannissement de certains types ou races de chiens est empreinte de nuances, comme il s’agit d’un sujet complexe, mais elle est néanmoins claire et demeure justement orientée sur la sécurité du public en tout premier lieu. Voilà pourquoi nous avons accepté l’invitation du ministre Martin Coiteux à nous joindre au comité ministériel qui a le mandat de se pencher sur l’encadrement des chiens dangereux. L’Ordre a créé un groupe de travail qui l’accompagne dans le suivi avec le comité ministériel et qui a préparé un rapport initial remis le 8 juillet dernier au comité. Au cours des derniers jours, différents articles de journaux, notamment ceux de La Presse du 13 août, ont mis en doute la validité et l’indépendance du rapport initial préparé par le groupe de travail de l'Ordre et des recommandations faites au comité ministériel. Nous tenions donc à apporter des nuances et à rectifier certains faits. Nous vous partageons une lettre d’opinion qui a été diffusée dans La Presse+ de ce matin. Nous avons également reconnu que l’inclusion dans le rapport de références qui provenaient de groupes de défense des animaux n’avait pas été faite adéquatement. Puisque notre ordre professionnel est d’abord et avant tout imputable à l’égard du public, nous avons aussi accepté de revenir sur notre position et sur la méthodologie du rapport avec d’autres médias dans les dernières heures. L’Ordre des médecins vétérinaires du Québec a toujours été et demeure une entité indépendante et il assume pleinement la position à l’égard du bannissement de certains types ou races de chiens, car nous sommes convaincus que cette seule mesure est inefficace et nettement insuffisante pour atteindre l’objectif primordial d’améliorer la sécurité du public. Nous demeurons disponibles si vous avez des questions ou des commentaires sur ce sujet.

Transmis à La Presse le 14 août 2016

Consulté par le gouvernement au sujet de l’encadrement des chiens dangereux, l’Ordre des médecins vétérinaires du Québec a soumis un rapport initial dans lequel nous référons à des études scientifiques et références de différente nature.

Il est vrai que dans la cinquantaine de références prises en compte dans le cadre du comité de travail, cinq sont des études dont le commanditaire est un lobby de défense des animaux. Indépendamment de leur valeur méthodologique ou scientifique, ces études auraient dû être exclues ou minimalement être nuancées en précisant le conflit d’intérêts de l’auteur de manière spécifique. Nous ne l’avons pas fait clairement et nous reconnaissons qu’il s’agissait d’une erreur.

Par ailleurs, l’Ordre est accusé d’avoir tiré des extraits d’études sans avoir mis en relief la contrepartie. Dans les faits, notre priorité était d’établir que d’autres races représentaient également des dangers significatifs et nécessitaient, elles aussi, une intervention. Dans le rapport et ses annexes, puis au sein du comité de travail sur la question, nous avons fait valoir ce point. Dissipons ici toute ambiguïté : l’Ordre n’a aucunement l’intention de minimiser les risques des pitbulls.

À preuve, nous recommandons que l’encadrement des chiens dangereux aille plus loin que le seul bannissement des pitbulls. Cela fait plus de vingt ans que la profession vétérinaire exige des autorités compétentes qu’un virage sérieux soit pris dans l’encadrement des chiens dangereux. Notre position déplaît à de nombreux groupes de défense et nous n’avons jamais fléchi. Nous exigeons aussi qu’une réglementation des plus stricte soit mise en place, mais surtout appliquée à l’égard des propriétaires ainsi que des éleveurs afin que les pitbulls, mais aussi d’autres chiens dangereux, soient adéquatement encadrés et que les comportements irresponsables ne soient plus tolérés.

Notre Ordre a participé à ce comité de bonne foi, en toute honnêteté, et d’aucune façon nous n’avons cédé et ne céderons à quelque pression que ce soit de groupes d’influence. Chacune de nos interventions a été faite dans le seul et unique but de mieux protéger le public.

Dr Joël Bergeron, président de l’Ordre des médecins vétérinaires du Québec

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