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Bien-être des animaux de laboratoire - L’Ordre des médecins vétérinaires du Québec est sensible aux réactions du public

Bien-être des animaux de laboratoire - L’Ordre des médecins vétérinaires du Québec est sensible aux réactions du public

Après visualisation d’images tournées clandestinement dans un laboratoire de recherche médicale de Montréal utilisant des animaux de laboratoire, l’Ordre des médecins vétérinaires du Québec constate que les images sélectionnées sont très dures et perturbent profondément la population.

Au Canada et ailleurs, pour développer des médicaments, des vaccins et des traitements permettant de guérir les maladies qui affectent les humains, les chercheurs et scientifiques doivent faire des recherches, et pour ce faire, ils font appel aux animaux. Les animaux sont également utilisés lors des essais et des tests d’innocuité des médicaments; une exigence réglementaire gouvernementale.

Si les médicaments en développement ne sont pas testés sur les animaux, il faudra les tester sur des humains car les tests in vitro présentement en usage ne s’appliquent pas à tous les types de médicaments ou n’ont pas été validés. De plus, il est important de tester non seulement la réaction des organes à ces médicaments mais aussi du système tout entier.

Les images ont été tournées dans un laboratoire de recherche de Montréal qui utilise des animaux pour tester la toxicité de certains médicaments dont des antibiotiques et des vaccins en développement visant à guérir le cancer, la maladie d’Alzheimer, le diabète, le Zika et l’Ébola. Les animaux utilisés sont des souris, des rats, des lapins, des chiens, des singes et des cochons. Le laboratoire visé évalue la toxicité de médicaments en développement avant la phase d’essai clinique chez les humains. Le laboratoire est certifié et inspecté régulièrement par le Conseil canadien de protection des animaux en science (CCPA). Il répond aux normes de cette industrie.

Il est important de savoir qu’au Canada, la surveillance de l’utilisation des animaux à des fins scientifiques relève du Conseil canadien de protection des animaux en science (CCPA) qui émet un certificat de Bonnes pratiques animales. Les laboratoires sont certifiés, inspectés et répondent à des normes très élevées en matière d’éthique et de bien-être animal. La réglementation est stricte et tout est contrôlé, que ce soit ce que les animaux mangent et boivent, la grandeur des cages, leur stimulation, le nombre de manipulation par jour, le nombre d’injections qu’un animal peut recevoir, etc.

Bien que les images soient très dures pour le public, il faut comprendre que les animaux de laboratoire sont utilisés au bénéfice de l’humain pour permettre de sauver des milliers de vies. Nous ne pouvons développer des médicaments contre des maladies graves sans les tester. La science fait donc appel aux animaux et cette pratique est acceptable dans les établissements certifiés par le CCPA mais uniquement si elle contribue à la compréhension de principes fondamentaux de biologie ou au développement de connaissances dont les humains ou les animaux pourraient bénéficier. Les médicaments sont testés sur des animaux en dernier recours mais cette phase est essentielle avant de les tester sur des humains.

L’éthique et les soins aux animaux en science sont des enjeux importants qui sont sous haute surveillance. L’utilisation éthique des animaux exige de tenir compte des besoins propres au bien-être animal.

Il est également utile de savoir que les laboratoires de recherche souscrivent au concept des 3 R, soit le remplacement, la réduction et le raffinement. Ces 3 R guident l’utilisation éthique des animaux en science :

• Le remplacement désigne les méthodes qui évitent ou remplacent l'utilisation des animaux dans un domaine où il est d'usage de les utiliser;

• La réduction désigne toutes les stratégies dont le résultat se traduit par une diminution dans le nombre d’animaux utilisés;

• Le raffinement désigne les modifications apportées aux méthodes d’élevage ou aux procédures expérimentales afin de réduire la douleur et la détresse.

Le concept des 3 R est largement reconnu comme la pierre angulaire des politiques mondiales en science faisant appel à l’utilisation d'animaux.

Les tests sur un animal sont d’une durée variable allant d’une journée à deux ans mais la durée moyenne est de 28 jours. Les études les plus longues sont celles des médicaments pour le cancer qui sont d’une durée de deux ans mais plusieurs sont de très courte durée. En tout temps, le moins de souffrance possible est infligé à l’animal.

« La vidéo présente des images qui heurtent le public. C’était de toute évidence l’objectif du groupe de pression qui a réalisé cette captation et sélectionné des images en les présentant hors contexte. Ces images sont très dures et nous heurtent tous. Il est toutefois important de savoir que la plupart des réactions de ces animaux sont couramment vécues en dehors des laboratoires et sont des réactions normales chez l’animal. En effet, la diarrhée sous une cage de macaque est une réaction courante, et ce, même chez les macaques qui ne sont pas sous expérimentation. De plus, le mouvement répétitif et compulsif du singe en cage (la stéréotypie) n’est malheureusement pas rare chez les animaux en captivité peu importe le milieu (zoo, parc aquatique, etc.). Dans ce cas-ci, cela a sans doute été induit par la personne présente devant l’animal. L’état du singe en période de réveil après une anesthésie générale au fond de la cage est également courant et normal, de même que la procédure d’administration orale des médicaments ou la contention chez toutes les espèces d’animaux. Les séances d’habituation de l’animal à l’administration orale de médicaments provoquent des réactions chez tous les animaux et dans tous les contextes et la réaction du chien au cours de l’utilisation d’un masque contenant une substance anesthésique m’apparait également tout à fait normale.» précise le Dr Joël Bergeron, président de l’Ordre.

L’Ordre des médecins vétérinaires du Québec recommande l’implantation des normes optimales de soins et d’hébergement pour les animaux et encourage les laboratoires à adopter les meilleures pratiques.

À la suite du visionnement de la vidéo, l’Ordre recommande d’améliorer les conditions d’hébergement dans le laboratoire visé, soit agrandir certaines cages et ajouter des éléments de stimulation pour les  animaux, en plus de s’assurer que les personnes qui manipulent les animaux sont dûment formées et encadrées car des gestes brutaux ont été observés à deux reprises et ces comportements sont inacceptables. L’Ordre laisse toutefois le soin au CCPA de procéder aux inspections qui s’imposent et de veiller à l’implantation des meilleures pratiques au sein de tous les laboratoires. Les conditions d’hébergement et les soins aux animaux de laboratoire doivent faire l’objet d’un processus d’amélioration continue et ces animaux doivent bénéficier des meilleures conditions et soins possibles.

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