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Nouvelle position : activités récréatives ou de divertissement impliquant des animaux

Nouvelle position : activités récréatives ou de divertissement impliquant des animaux

Le conseil d'administration de l'Ordre a adopté une nouvelle position concernant les activités récréatives ou de divertissement impliquant des animaux. Comment juger si une activité est compatible avec le bien-être animal? La position fournit des guides pour en faire l'évaluation et pour s'assurer de respecter la santé et le bien-être animal.

Position à l’égard des activités récréatives ou de divertissement impliquant des animaux

L’Ordre des médecins vétérinaires du Québec souhaite exprimer ses préoccupations quant aux traitements qui peuvent être réservés aux animaux utilisés à des fins récréatives ou de divertissement et réitère l’importance d’assurer la santé et le bien-être de tout animal impliqué dans de telles activités. Toute utilisation des animaux pour le plaisir des humains comporte des obligations morales et des responsabilités éthiques. En ce sens, l’Ordre rejoint l’essentiel des préoccupations de la profession vétérinaire et de la population québécoise.

Selon l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE), le bien-être animal requiert les éléments suivants : prévention des maladies; soins vétérinaires appropriés; hébergement; gestion d’élevage et alimentation adaptées; environnement stimulant et sûr; manipulations et abattages ou mises à mort réalisés dans des conditions décentes.

L’Ordre appuie sa position sur les principes directeurs pour le bien-être animal du code sanitaire des animaux terrestres de l’OIE.

  • Il existe une relation très forte entre la santé animale et le bien-être animal.
  • Les « cinq libertés » universellement reconnues (être épargné de la faim, de la soif et de la malnutrition, être épargné de la peur et de la détresse, être épargné de l’inconfort physique et thermique, être épargné de la douleur, des blessures et des maladies, et être libre d’exprimer des modes normaux de comportement) offrent des orientations précieuses pour le bien-être animal.
  • Les « trois R » universellement reconnus (réduction du nombre d’animaux, raffinement des méthodes expérimentales et remplacement des animaux par des techniques non animales) offrent des orientations précieuses pour l’utilisation des animaux aux fins de la science.
  • L’évaluation scientifique du bien-être animal implique divers éléments qu’il convient d’étudier ensemble; la sélection et la pondération de ces éléments comportent souvent des hypothèses fondées sur des valeurs qu’il faut rendre aussi explicites que possible.
  • L’utilisation des animaux à des fins d’agriculture, d’enseignement et de recherche, et pour la compagnie, les loisirs et le spectacle apporte une contribution majeure au bien-être des personnes.
  • L’utilisation des animaux comporte la responsabilité éthique de veiller à la protection de ces animaux dans toute la mesure du possible.
  • Il faut fonder la comparaison des normes et principes directeurs en matière de bien-être animal sur l’équivalence des résultats en se fiant à des critères d’objectifs plutôt que sur la similitude des systèmes en utilisant des critères de moyens.

L’Ordre reconnaît la grande diversité des activités impliquant des animaux et comprend que plusieurs situations nécessitent des considérations individuelles et circonstancielles. Néanmoins, l’Ordre invite les personnes et les organisations engagées dans ce genre d’activités ou d’événements à réévaluer la pertinence de certains aspects au regard des impacts négatifs potentiels – tant physiques que psychologiques – que peuvent subir les animaux.

L’Ordre considère que certains critères doivent impérativement être respectés pour juger qu’une activité soit acceptable.

De façon plus précise, l’activité doit répondre aux critères suivants :

  • L’activité doit être compatible avec la nature et les comportements normaux de l’animal, attendu que dans le cas contraire, elle pourrait induire un stress excessif.
  • L’activité doit se situer à l’intérieur des paramètres biologiques normaux de l’animal, tenant compte de l’espèce, de la race, de l’âge, du stade physiologique, les caractéristiques individuelles dont la santé physique et mentale de l’animal et ne pas solliciter de manière excessive ses capacités d’adaptation.
  • L’activité doit respecter les lois et règlements.

De plus, la tenue des activités n’étant pas uniforme, chaque situation est unique et doit être évaluée par les questions suivantes. L’ensemble des réponses à ces questions est une aide à l’analyse de la pertinence et de l’acceptabilité d’activités impliquant des animaux. 

  • Est-ce que le stade physiologique de l’animal utilisé a été considéré : par exemple, jeune animal, animal âgé, femelle en gestation, autres contraintes physiologiques?
  • Est-ce que l’état de santé physique et mentale préalable de l’animal utilisé a été considéré?
  • Dans quelle mesure l’activité peut-elle altérer la santé physique de l’animal (par exemple, type, gravité, nombre et fréquence des blessures)?
  • Est-ce que l’activité est génératrice ou potentiellement génératrice de peur, de stress, d’inconfort, de douleur?
  • Est-ce que l’animal a un entraînement pertinent en vue de participer à l’activité?
  • Quelles sont les conditions d’encadrement de l’activité et la qualité de leurs applications?
  • Quelles sont les qualifications des participants à l’activité? Quel est le potentiel de mauvaise manipulation/interaction avec l’animal? Est-ce que ces personnes sont encadrées ou supervisées, par qui (niveau de qualification) et comment?
  • Est-ce que l’activité est une activité ponctuelle ou récurrente? Quelle est son intensité et sa fréquence?
  • L’animal a-t-il des temps de repos adéquats entre les périodes d’activité?
  • Y a-t-il des normes ou codes de pratiques reconnus pour cette activité? Y a-t-il des audits et de quel type (par exemple, tierce partie ou non)?

Les soins aux animaux sont essentiels avant, pendant et après les activités, et durant toute la vie de l’animal. Des mesures de biosécurité, de prévention et contrôle des maladies doivent être une partie intégrante de la pratique de ces activités. Lorsque l’activité est jugée acceptable, les désagréments éventuels pour les animaux doivent être limités, atténués ou supprimés.

L’Ordre des médecins vétérinaires du Québec recommande aux organisations responsables d’événements utilisant des animaux ou effectuant la garde d’animaux d’adopter un processus d’évaluation et d’amélioration continues de leurs pratiques en matière de sécurité, de santé et de bien-être des animaux et d’avoir recours aux conseils et aux services d’au moins un médecin vétérinaire pour les soutenir et les guider en la matière. Nombre d’activités pourraient être acceptables si elles sont tenues dans de bonnes conditions.

L’Ordre est d’avis qu’à la lumière des questions et critères de cet énoncé de position, il appert que certaines activités pourraient être jugées incompatibles avec le bien-être des animaux, par exemple lorsque l’activité est une source de douleur physique, de souffrance ou de stress intense, et ne devraient donc pas avoir lieu.

 

Consultez les autres positions de l'Ordre sur la page Positions et politiques.

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